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Le blog de gatsby1969

“Le sérieux est le bonheur des imbéciles” Montesquieu

Archive de ‘Poésie’


Poème pour mes amis

L’amitié est une valeur rare, tous en parlent beaucoup mais peu la créent,

L’amitié est un refuge, elle ne te protége pas du mauvais sort mais te soigne,

L’amitié est un soleil, elle brille dans ton coeur mais peut te brûler,

L’amitié est une richesse, on ne l’a pas sans mériter la confiance que l’on gagne,

L’amitié est un cours d’eau, elle commence ruisseau et enfle, enfle jusqu’à devenir fleuve,

L’amitié est une herbe folle, elle surgit de nulle part et pousse même dans l’ombre,

L’amitié est un gai pinson, elle te fais rire qu’il neige, vente ou qu’il pleuve,

L’amitié est un océan, elle ne finit jamais même s’il existe des vagues au reflet sombre,

L’amitié est un oiseau, elle a besoin d’air pur et de liberté pour s’exprimer,

L’amitié est un nuage, elle change sans cesse de forme mais parfois suis le vent,

L’amitié est mon monde, changeant, remuant, tendre, moqueur, entier,

Mais il a besoin de vous mes amis pour être celui que je suis à présent. 

Poesie 2 “Ze Return !!!”

Amis du Jour, Bonjour !

 A l’heure où je vous écrit ces quelques lignes un chiffre me sidère. Il y a eu 1081 personnes qui m’ont lu…. Un truc de dingue…. Quand j’avais initié ce blog, jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurai pensé avoir autant de lecteurs. Pourtant ce journal pas tout à fait intime (faut quand même pas déconner !) n’était pas destiné à devenir un de vos lieux de passage. Pour moi c’était un défouloir, un espace de liberté me permettant de graver sur mon écran mes joies, mes peurs et coups de gueule. Et puis et puis, vinrent les commentaires. Merci à tout ceux qui se sont exprimés, chacun à leur façon, pour me témoigner leur sympathie. J’aurais à ce sujet une pensée émue pour trois personnes devenues en quelque sorte mes afficionados: ma pote suissesse Syane qui a carrément souscrit un abonnement (enfin gratuit quand même l’abonnement, faut pas pousser mémé dans les orties…), mon pote québecquois Metal qui me harcèle sur le chat pour savoir quand je vais écrire mon prochain article (il me fait penser à mon ancien redac’chef ! Toujours pressé que je sorte l’ouvrage dans les temps..lol) et enfin mon pote ( ou potesse ???) américain anonyme qui a dû se connecter un bon 1.000 fois et qui doit ramer comme un fou pour traduire mes mots de franchouillard pur jus en anglais (il doit être devenu complétement bilingue depuis !!!).

J’aurai aussi une pensée amusée pour les 10 gugus qui ont débarqué sur ma page en faisant une recherche google sur le terme “cul de vieille”, nul doute qu’en me lisant ils ont pas été déçus du résultat !!! Bon désolé les gars (parce que pour rechercher ça, faut être nécessairement un homme non ?) mais ici y a pas de photos et il n’y a pas non plus matière à s’exciter autre chose que les neurones…..

En l’honneur de ces 10 grands poètes incompris et inconnus je leur dédie ce nouvel article de mon blog: un nouveau florilège de mes poèsies préférées. Nul doute qu’ils se jetteront dessus avec l’empressement que dicte le bouillonement de leurs hormones insatisfaites……..

EL DESDICHADO  

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé,

Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.  

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.  

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;

J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…  

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.  

Gérard de Nerval

Ca y est j’ai la chair de poule…. Ce poème déclenche en moi des vagues d’émotion que je n’arrive toujours pas à contrôler. Cette mélancolie absolue, cette peine qui ronge le poète me touche. Et surtout j’adore le rythme syllabique de ce poème. Ami lecteur, si tu veux comprendre pourquoi, récites donc à voix haute ce texte. Tu verras qu’en le prononçant chaque strophe comprend tour à tour un rythme lent puis rapide. Le premier vers contient une césure (une pause si vous préfèrez) en son milieu que l’on retrouve dans le troisième vers. Par contre les vers 2 et 4 se prononcent d’une traite. Et cette alternance me ravit car il rend le texte encore plus profond, la musique des sons est splendide.

Les Yeux d’Elsa  

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire 

 J’ai vu tous les soleils y venir se mirer 

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L’été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur

Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Aragon

Ralalah que ces yeux ont fait couler d’encre (clin d’oeil à Francis Cabrel)…. J’adore le passage suivant :”Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie- Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure”. Mais si on lit attentivement le poème, on s’aperçoit que ce filoux d’Aragon vient dire qu’il aime les yeux de sa belle quand ils ont pleuré…. Ce salopiod se féliciterait-il par sadisme de la rendre malheureuse ? Ou alors justifie-t-il par la poèsie la tristesse de sa belle ? Ou tente-t-il de la consoler ? No le say…

Le gymnaste  Comme son G l’indique le gymnaste porte le bouc et la moustache que rejoint presque une grosse mèche en accroche cœur sur un front bas.

Moulé dans un maillot qui fait deux plis sur l’aine il porte aussi, comme son Y, la queue à gauche.

Tous les cœurs il dévaste mais se doit d’être chaste et son juron est BASTE !

Plus rose que nature est moins adroit qu’un singe il bondit aux agrès saisi d’un zèle pur.

Puis du chef de son corps pris dans la corde à nœuds il interroge l’air comme un ver de sa motte.

Pour finir il choit parfois des cintres comme une chenille, mais rebondit sur pieds, et c’est alors le parangon adulé de la bêtise humaine qui vous salue.

Francis Ponge, Le Parti-pris des choses

Souvenir, souvenir quand tu nous tient ! J’ai “rencontré” Francis Ponge pour la première fois au Lycée, c’était un texte que j’avais à préparer pour passer mon Bac. Depuis on ne s’est plus quitté. J’aime sa fantaisie et son monde bien à lui, pas prétentieux, ni ronflant, plein de facétie et d’humour. Je vous conseille le livre “le parti-pris des choses” où il transforme les éléments les plus bassement terre à terre, comme un cageot, une orange ou du pain, en oeuvre poétique. C’est du grand art. Par ailleurs je trouve cela superbe de dire que les plus modestes choses de notre quotidien sont belles si on veut bien les regarder d’un autre oeil. Un de mes textes préférés s’appelle “la cigarette” et franchement cela vaut le coup d’oeil. Le texte d’aujourd’hui m’amuse beaucoup. Il traite non d’un objet qu’il humanise mais d’un individu, assez ridicule il faut bien l’admettre, qu’il transforme en une simple marionnette comme les automates du siècle dernier.Par ailleurs son écriture est simpliste et joue sur les sons autant que sur les images. Bref une bonne blague faite en poèsie. Mais Francis Ponge est coutumier du fait….

Le Gardien

Mes enfants dorment dans la pièce à côté et moi je veille,

Gardien vigilant et insomniaque de leur doux sommeil,

Leur respiration paisible me rappelle des souvenirs

Perdus, d’un autre temps où on se moquait de l’avenir,

Mes enfants dorment dans la pièce à côté et moi je veille,

Sans âme soeur toutes mes journées sont devenues pareilles,

Je suis le gardien, ils sont ma seule raison de vivre,

Le silence de la nuit m’envahit et m’enivre,

Mes enfants dorment dans la pièce à côté et moi je veille,

A eux les rêves dorés, les songes et les merveilles,

A moi la solitude et l’angoisse du vide,

Sans amour ni espoir pour nourrir mon âme

Mes enfants dorment dans la pièce à côté et moi je veille,

Où es-tu toi qui pourrais enfin rendre mon coeur vermeil ?

Existes-tu ? Te verrai-je un jour ? Pour que enfin

Le gardien puisse à son tour se reposer, serein…

Solitude

Tu es ma meilleure amie et ma pire ennemie,

Dans la foule je te cherche et dans la nuit je te fuis,

Tu es ma plus vieille souffrance, celle qui dans mes veines distille ce poison,

Qui goutte a goutte, oh ultime venin !, me fait perdre raison,

Dans le silence je te brise en parlant aux murs de ma chambre,

Mais toujours reviens vers toi quand l’envie de rever viens me prendre,

Je te desire quand tu es loin de moi mais je te hais,

Quand tu t’installes en mon ame sans etre invitee,

Solitude, solitude, je ne sais si je t’aime ou te vomi,

Solitude, solitude, quand cesseras tu de hanter ma vie ?

Un peu de poèsie dans un monde de brutes…

Il y a des jours ou on peut avoir le coeur lourd, des jours ou notre propre vie nous echappe, des jours ou l on se demande ce que l’on fout la  et a  quoi on sert.
Ces jours la  quand j’ai du mal dedans mon etre, j’ecris ou je lis des poemes.
Alors pour vous mes amis je me suis permis de vous offrir un florilege de quelques unes de mes lectures preferee, juste pour se faire du bien, car ce qui manque aujourd’hui a  notre vie c’est un peu de reve pas frelate par ces specialistes du marketing que sont devenus les gens de tele et plus generalement de spectacle…. Baudelaire ou l’ile de la Tentation ? J’ai choisi mon camp !

Mon reve familier

Je fais souvent ce reve etrange et penetrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout a  fait la meme,

Ni tout a  fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

Pour elle seule, helas! cesse d’etre un probleme,

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front bleme,

Elle seule les sait rafraichir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ?- Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore

Comme ceux des aimees que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix cheres qui se sont tues.

Verlaine

Oui je sais, on l’a tous entendu au moins trois fois…..Il est sans cesse lu dans les salles de classe….Je sais…..
Mais nom de Dieu ! quelle beautee !
Ce poeme a ete mon premier choc en litterature quand je l’ai entendu recite par mon prof de college. J’avais 12 ans et chaque mot, chaque syllabe m’a marque au fer rouge.
Ce poeme j’aurai tant aime l’ecrire tellement il me ressemble.
Cette incapacite a aimer, a  trouver celle que je cherche en vain depuis si longtemps, parce que je l’ai idealisee, parce qu’elle est comme celle du poeme, desincarnee et anonyme, proche et distante, chaleureuse et froide, fugace et eternelle, tout cela est decrit par Verlaine.

Le Balcon

Mere des souvenirs, maitresse des maitresses, O toi, tous mes plaisirs ! O toi, tous mes devoirs !

Tu te rappelleras la beaute des caresses,

La douceur du foyer et le charme des soirs,

Mere des souvenirs, maitresse des maitresses !

Les soirs illumines par l’ardeur du charbon,

Et les soirs au balcon, voiles de vapeurs roses.

Que ton sein m’etait doux ! Que ton coeur m’etait bon !

Nous avons dit souvent d’imperissables choses

Les soirs illumines par l’ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirees !

Que l’espace est profond ! Que le coeur est puissant !

En me penchant vers toi, reine des adorees,

Je croyais respirer le parfum de ton sang.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirees !

La nuit s’epaississait ainsi qu’une cloison,

Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,

Et je buvais ton souffle, o douceur ! o poison !

Et tes pieds s’endormaient dans mes mains fraternelles.

La nuit s’epaississait ainsi qu’une cloison.

Je sais l’art d’evoquer les minutes heureuses,

Et revis mon passe blotti dans tes genoux.

Car a  quoi bon chercher tes beautes langoureuses

Ailleurs qu’en ton cher corps et qu’en ton coeur si doux ?

Je sais l’art d’evoquer les minutes heureuses !

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,

Renaitront-ils d’un gouffre interdit a  nos sondes,

Comme montent au ciel les soleils rajeunis

Apres s’etre laves au fond des mers profondes ?

- O serments ! o parfums ! o baisers infinis !

Baudelaire

Là on touche au genie……je suis sans voix rien qu’a  retranscrire ces lignes. La derniere strophe est pour moi la plus belle. Pas d’autres commentaires, laissons agir la magie des mots.

Rondeau

Mort, j’appelle de ta rigueur,

Qui m’as ma maitresse ravie,

Et n’es pas encore assouvie

Si tu ne me tiens en langueur:

Onc puis n’eus force ni vigueur;

Mais que te nuisait-elle en vive,

Mort ? Deux etions et n’avions qu’un coeur;

S’il est mort, force est que devie(*),

Voire, ou que je vive sans vie

Comme les images, par coeur,

Mort !

(*) devie = je meure en vieux français

VILLON

J’ai beaucoup d’affection pour VILLON: mauvais garcon, voleur, chapardeur, ivrogne, truand de la pire espece mais poete baignant sa plume dans le remords et sans cesse demandant a  Dieu pardon. On dit de lui qu’il fut le premier “poete maudit”. Quel pleonasme !
Tout poete a en lui une felure, une sensibilite exacerbee qui fait de sa vie un enfer. La seule difference est que certains vivent cette sensibilite mieux que d’autres mais tous la ressentent.
Ce rondeau de VILLON me touche: il perd son aimee et supplie la mort de l’emporter aussi ou alors d’etre comme une “image”: fige, sans vie, inerte jusqu’a  la fin de ses jours. Mais ce que ce grand queutard de VILLON ne dis pas dans ses vers, c’est qu’il pleure certes son aimee mais le soir meme va boire plus que de raison avec ses larrons et trousser quelques servantes….. J’aime cette dualite si humaine entre la peine de l’ame et les exigences du corps. “Il faut bien que le corps exulte” chantait Jacques BREL….Ben oui Jacques, faut bien !

Extrait du poeme “Le matin” (qui fait deux pages, je vous montre juste le passage qui me parle le plus)

Une confuse violence

Trouble le calme de la nuit,

Et la lumiere, avec le bruit,

Dissipe l’ombre et le silence.

Alidor cherche a  son reveil

L’ombre d’Iris qu’il a baisee

Et pleure en son ame abusee,

La fuite d’un si doux sommeil. Theophile de Viau

Quelle modernité ! Ce passage n’a pas pris une ride. Qui ne s’est pas endormi dans les bras de l’etre aime et reveille seul, regrettant que cette nuit ne dure pas eternellement ? Qui n’a pas ressenti l’arrivee du matin comme une agression, une “confuse violence” ?
La nuit est sacree. Nos nuits n’appartiennent qu’à nous.

Même si un jour

Même si un jour prochain tu seras femme,

Et que d’autres que moi te présenteront leur flamme, 

Même si un jour sombre tu me haïras,

 Et au nom de ta liberté nouvelle tu te battras,

Même si un jour maudit tu t’en iras,

Vers d’autres cieux, vers d’autres bras,

Même si un jour ensoleillé tu me présenteras,

Le fruit de tes entrailles venu ici-bas, 

Même si un jour d’angoisse tu me soutiendras,

Car je ne pourrai marcher qu’accroché à toi,

Même si un jour triste je te quitterai,

Pour aller enfin à l’ombre de mes ancêtres me reposer,

Jamais je n’oublierai ce jour béni où tu m’as,

Pour la première fois appelé “papa”….

A ma fille Heloise.

poème

S’allongent les ombres du soir,

Vient la langueur de la nuit,

Entre chien et loup, entre rouge feu et noir,

Le jour s’achève et Phoebé luit.

Nos corps sont las après l’euphorie,

Et nos pensées vagabondent au gré des souvenirs,

La vie sombre dans une douce léthargie,

Et les amoureux échangent leurs premiers soupirs.

Une journée sans toi s’est enfin écoulée,

Les heures passent et mon attente demeure,

Ton absence use mes nerfs épuisés,

Un jour sans toi et c’est un peu d’espoir qui meurt.

Que me saoûle l’obscurité, que le noir m’engloutisse,

Que dans un sommeil sans rêve je me plonge,

Afin que dans l’oubli je m’anéantisse,

Pour que mes tristesses se baignent en mes songes.

Que sont interminables les jours sans toi,

Que sont tristes ces minutes de solitude,

Et le coeur lourd à force d’imaginer je ne sais quoi,

La volonté s’use au fil de l’habitude.

Une journée sans toi s’est enfin écoulée,

Les heures passent et mon attente demeure,

Ton absence use mes nerfs épuisés,

Un jour sans toi et c’est un peu d’espoir qui meurt.

HAIKAI

Pour info, non que je vous prenne pour des ignares mais c’est quand même quelque chose d’assez particulier connu seulement des amateurs de poésie, un haïkaï est un poème japonais de trois vers écrit dans le rythme syllabique 5/7/5.Ces poèmes sont des textes libres, leur forme est régulière mais familière, dans le vocabulaire comme dans le ton. Ils s’épanouirent aux 17 et 18 ème siècle. 

«Ils sont à lire comme les images d’un instant.» Ils visent à suggérer par le sens, l’image, le rythme, une émotion, un état d’âme. Dans leur brièveté, leur dépouillement, ils expriment l’instant de la beauté, de l’émotion. 

Ils sont simplicité, légèreté, mise à nu de l’essentiel. 

Ils sont le temps accordé au silence.

En voici un de ma composition:

L’eau qui veut passer,
Finira par contourner,
Le rocher gênant.

Des tas de Trains

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,

Lente mélopée qui monte en mon coeur,

 Le bruit sourd des boogies qui foncent sur les rails,

Le rythme du tambour ferroviaire chavire ma douleur,

C’est la plainte saccadée du voyageur qui se perd et défaille,

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,

Où va-t-il ? Et pourquoi ? Qui le sait ?

Peut-être que lui-même l’ignore,

Juste s’en aller pour ne plus avoir à assumer son passé,

Juste quitter la brume de ses doutes et de ses regrets d’alors,

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,

La griserie du départ saoule son âme comme un vieux rhum,

Et le paysage qui défile devant ses yeux rêveurs,

Ressemble à ce plafond qui tournoie au dessus de mon delirium,

Les soirs de conversation entre ma solitude et ma bouteille de liqueur,

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,

Partir sans savoir où, pour quitter ce que l’on connaît,

Changer de vie, changer de peau, changer de peurs,

Et reconstruire un avenir qui ressemblera à son passé,

Car les lieux ne sont plus les mêmes mais pas les erreurs,

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,

Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains……