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Le blog de gatsby1969

“Le sérieux est le bonheur des imbéciles” Montesquieu

Archive de ‘Non classé’


Rock’n Roll Attitude

Amis du jour Bonjour,

Ci joint un interressant article que j’ai “piqué” sur Lycos ( http://membres.lycos.fr/crex/zic/guitare.htm )relatant l’histoire de la “gratte” électrique :
 

Imaginez-vous en 1920, à la Nouvelle-Orléans. La capitale de la Louisiane, accrochée au delta du Mississippi, est le berceau d’une musique de rue qui emprunte son nom: le “New Orleans”. Guitariste patenté du New Bluegrass Club Band, Ted est de toutes les aubades. Joueur le plus doué de sa génération, admiré par les filles, notre homme a tout pour être heureux. Enfin presque: son vieil instrument acoustique , une Martin héritée de son père, se révèle totalement inefficace au milieu des cuivres et percussions de l’orchestre. Même lorsque Ted cogne tel un bûcheron sur son tronc, quasi personne ne profite des subtils accords qu’il distille. Ses collègues, les lèvres joyeusement rivées aux trompette, clarinette ou autre saxophone, couvrent allègrement le son de la guitare. Aussi, Ted ne peut placer le moindre solo, exercice favori de tout jazzman. Le voilà condamné à jouer les seconds rôles.

D’aucuns essayent de renforcer le son de l’instrument en doublant le nombre de cordes. Cela donne des guitares à douze cordes, toujours très appréciées des musiciens de folk. D’autres augmentent la taille de la caisse de résonance mais ne vont pas très loin, les guitares n’étant pas des baudruches. Enfin quelques-uns fabriquent des grattes en métal, baptisées “drobos”, au son moins esthétique mais nettement plus puissant. Bref, de nets progrès mais aucune solution idéale.

Avec l’apparition des big bands, formations de plusieurs musiciens de jazz, le problème de Ted devient insoluble. Comment se faire entendre?

Ultime recours: la fée électricité.

Depuis 1910, la radio se développait grâce aux premiers postes à galène. Quelques années plus tard, les laboratoires de la compagnie Bell mettaient au point le premier microphone. Il devenait possible d’enregistrer, de transmettre et de reproduire des sons sous forme d’ondes électriques. Un micro, un ampli, un haut-parleur et n’importe quelle voix de basset pouvait couvrir un hall de gare. Pourquoi ne pas appliquer la recette à la guitare, se dit en 1923 un certain Lloyd Loar. Cet ingénieur travaille alors chez Gibson, une des principales fabriques américaines d’instruments de musique.

Les premiers prototypes voient le jour les années suivantes à l’usine de Kalamazoo (Michigan). Principe: un petit microphone collé sous la table d’harmonie recueille le son de la guitare, puis le transmet via un câble, à l’amplificateur. Sur le papier, cela marche. Mais bonjour la douche froide à la première écoute! La guitare ainsi amplifiée sonne comme un concert de casseroles passé à travers un décodeur Canal +. En attendant de sérieux progrès sur les microphones, les recherches sont abandonnées.

Il faut attendre 1931 pour qu’une guitare électrique soit commercialisée. Le premier fabricant à se lancer dans l’aventure est un Californien immigré de Suisse, Adolph Rickenbaker. L’histoire ne sera pas ingrate, Rickenbaker est aujourd’hui encore l’une des marques les plus prisées des guitaristes. Le modèle original, mis au point par un musicien, Georges Beauchamps, et un ingénieur, Paul Barth, est loin du design des futures stars du rock and roll. L’objet est baptisé “Frying Pan” en raison d’un look qui semble prédisposé à la confection de la paella. La conception de la Frying Pan est cependant révolutionnaire. Contrairement au prototype de Lloyd Loar, la poêle à frire fait sa cuisine sans caisse de résonance. Son microphone transforme les vibrations mécaniques des cordes en électricité. Plus besoin de résonateur, la guitare est alors toute plate. Aujourd’hui encore, la Frying Pan s’admire au musée Rickenbaker de Santa Anna.

 Ce principe va se subsister, tout en étant amélioré. De fil en aiguille, la barrette magnétique des premiers microphones est remplacé par six petits aimants. Pour que le son soit plus puissant, la bobine passe de 4000 à plus de 10000. Dans les années 50, on place deux bobinages au lieu d’un. Ce système, appelé “humbucking”, réduit le bruit de fond le souffle qui pollue le son pur et originel des cordes.

Mais revenons à Ted.

Avec la Frying Pan, le voilà enfin capable de se faire entendre dans sa formation jazz. Pourtant, lui comme la plupart de ses collègues dédaignent cet instrument bizarre. Habitué à appuyer son coude sur une caisse au hanche arrondies, Ted ne sait comment saisir ce drôle bout de bois. Seuls des amateurs de guitare hawaiienne, s’exprimant assis, l’instrument posé sur les cuisses, adoptent la création d’Adolph Rickenbaker.

Les joueurs de jazz vont attendre la guitare de compromis, équipée de microphones à barrette et d’une caisse de résonance plus petite. Ces guitares “électroacoustiques” ou “demi-caisses” sont reconnaissables à leurs deux ouïes en forme de “f” très effilé.

Première demi-caisse, l’Electro-Spanish 150 de Gibson sort en 1938. Avec elle, Charlie Chistian pose les premiers jalons de la guitare moderne dans l’orchestre de Benny Goodman. Deux ans plus tard, le guitariste meurt de la tuberculose mais grâce à lui, la guitare électroacoustique a fait son entrée en force dans le jazz. Ted désormais fanfaronne, au grand de ses collègues. Qui trouvent ses solos un peu envahissants. Qu’importe, le public apprécie.


Après la Seconde Guerre mondiale, on retrouve Ted et son instrument dans les orchestres be-bop. A partir des années 40, de nombreux luthiers relancent la guitare plate dans le style de la frying pan. Les musiciens de country prennent le pas. La première “planche” comme la surnomment ses détracteurs, est fabriqué en 1948 par Paul Bigsby pour le guitariste Merle Travis.

Mais le vrai succès commercial de la guitare pleine, solid body en anglais revient à Clarence Leo Fender, qui lance en 1950 la Broadcaster. Cette guitare est sobre, ses lignes sont belles, et elle est simple à fabriquer en grande série. Vite rebaptisée Telecaster, elle va faire les beaux jours d’une musique rebelle qui pointe le nez: le rock & roll.

Des Shadows à Elvis Presley en passant par les Beatles, la Telecaster devient l’engin emblématique. Record de longévité, elle est encore fabriquée aujourd’hui.

En 1951, Leo fender récidive en inventant la première basse électrique: la Fender Precision. Exit les lourdes et encombrantes contrebasses. Trois ans plus tard, arrive la grande sœur de la Telecaster. Superbe innovation, la Stratocaster est équipée d’un vibrato, sorte de tige métallique accrochée au cordier. En appuyant dessus, le guitariste fait varier la hauteur des notes.
Alors leader sur le marché des guitares électroacoustiques, Gibson se sent menacé par Fender et contre attaque avec l’aide d’un guitariste, bricoleur fou, qui donnera son nom à sa première solid body: Les Paul. Suit toute une collection de Gibson électriques, les SG, Flying V, Explorer… qui font le bonheur de Junior, guitariste yé-yé et fils indigne de Ted. Ce dernier porte en effet sur cette musique de zazou le regard écœuré du grand couturier sur la mode “grunge”.

Le pauvre Ted n’a encore rien entendu.

 Vers la fin des années 60, Jimi Hendrix, ancien GI fraîchement revenu de l’enfer du Vietnam, faire vivre à l’instrument sa seconde révolution. Non content de jouer avec ses dents ou la guitare dans le dos, il pousse les boutons de son ampli à fond. Pour poivrer le fout, il torture le son de sa Stratocaster à l’aide d’un tas de boîtiers électroniques. Résultat: toute une génération suit les traces du maître. Les pédales d’effets deviennent alors indispensables au guitariste rock.

C’est le monde à l’envers. On n’entends plus que la guitare dans les groupes. Basse et batterie sont tout justes bonnes à servir de métronomes. Le piano a bien de la chance lorsqu’on tolère sa présence, et le chanteur est là pour faire entracte entre les interminables solos sur codes métalliques. Bientôt naissent les guitares à deux manches. Un manche avec douze cordes, l’autre avec six. Esthétiquement, ça laisse à désirer, et pourtant, l’instrument bicéphale a une raison d’être. Il permet au joueur d’enchaîner un superbe accompagnement sur douze cordes et un solo sur six sans perde de temps. Dans le genre démesure, la palme revient à Rick Nielen, du groupe Cheap Trick, qui connu quelques petits succès vers 1980 avec un guitare à… cinq manches !

Dans cet univers aussi électrique, l’acoustique n’a pas dit son dernier mot. Certes, dans les concerts géants avec sonos hurlantes, la guitare dite “sèche” pose problème. Les micros placés devant l’ouïe de l’instrument sont souvent sources de sifflements aigus: l’effet larsen. Pourtant, nombreux sont les musiciens qui veulent utiliser cette guitare acoustique sur scène.En 1970, une nouvelle technologie résout la difficulté. En incrustant six petits microphones de type piézo-électriques sous le chevalet de l’instrument, les guitares Ovation entent dans la légende. Leur sonorité allie velouté de l’acoustique aux commodités de l’électrification. Cette technique permet d’amplifier des guitares classiques, à cordes en Nylon, alors que le traditionnel micro impose un cordage métallique.


Le dernier épisode de la saga commence en 1974, lorsque le constructeur Roland sort la guitare-synthétiseur. Six micros autonomes recueillent les sons de chacune des cordes. Ces derniers sont ensuite traités de manière indépendante. Par exemple, on peut programmer un son de contrebasse sur les deux cordes les plus basses et un timbre de trompette sur les quatre autres. Le tout grâce à un énorme dispositif électronique qui fait peur aux vrais musiciens, soucieux de ne pas perdre leur spontanéité dans cette techno-mania. En 1983 naît un langage de communication universel entre instruments de synthèse (boîtes à rythmes, claviers électroniques, ordinateurs…).

La norme Midi (Musical Instrument Digital Interface) permet pratiquement de tout faire, comme de contrôler la guitare à partir d’un clavier d’ordinateur ou encore de commander un batterie électronique en tapotant sur ses cordes. Hélas pour la musique, la programmation informatique et la pratique de la souris deviennent plus importants que l’inspiration musicale et le travail des gammes.

Coulant une paisible retraite dans sa Louisiane natale, Ted suit d’un oeil amusé tous ses développements. Soixante-dix ans plus tôt, il attendait avec impatience l’invention d’une guitare capable de couvrir les cuivres de son orchestre. Aujourd’hui, assis sur le perron de sa villa, il joue du blues sur sa vieille Martin acoustique, achetée en 1893 par son père. L’oeil plein de malice, il souhaite à tous ces instruments modernes et truffés d’électronique… de vieillir aussi bien qu’elle!

Un texte pour ne pas oublier

Amis du Jour Bonjour,

 Il y a des jours où il n’est pas facile de prendre son clavier et de trouver les mots justes. C’est le cas aujourd’hui. Parce que le sujet que je me dois d’évoquer me bouleverse et il est difficile de garder un recul suffisant quand on se sent impliqué ainsi.

Petit, je croyais que c’était un ange. Un de ces êtres rares qui ne semblent habiter mon monde qu’avec la seule fonction de m’aimer et me faire plaisir. Quand nous allions la voir chez elle, je ne voulais plus repartir. J’allais me cacher sous une table en espèrant que mes parents m’oublient et que je reste à ses côtés.

Collégien, je recherchais sa compagnie et allait toujours m’assoir près d’elle à table. J’étais prêt à tout pour qu’elle soit fière de moi et je lisais dans son regard une infinie tendresse qui me rechauffait le coeur.

Devenu lycéen, j’étais en pensionnat sur Lille. Ma seule vraie distraction de la semaine était la possibilité de sortir le mercredi après midi. J’allais chez elle. A 12h45 très précise il me fallait passer le seuil de sa porte car 5 minutes de retard lui créaient des montées d’angoisse. Invariablement m’attendaient posés sur la table de la salle à manger une demi-baguette fourrée de pâté de campagne et une bouteille de jus d’orange. Elle appelait ça “le casse-croûte pour se mettre en appétit”.

Invariablement quand j’avais fini, on passait à table avec des hors d’oeuvre puis poulet fermier cuit au four et frittes maison qu’elle faisait amoureusement frire (”toujours deux cuissons…toujours poussin….sinon elles sont pas croustillantes”) dans un de ses vieux chaudrons en fonte dont elle avait le secret. Puis invariablement sa tarte aux pommes maison avec un nappage transmis de génération en génération (jaune d’oeuf et cassonnade pour la base, pour le reste je donnerais dix ans de ma vie pour enfin le savoir….).

Et moi dès l’entrée, lesté de mon sandwich au paté, je calais. Mais si j’avais le malheur de ne pas me resservir de chaque plat j’avais le droit à sa voix douce qui me disait : “Ben tu ne manges pas poussin ???? Tu es malade ????”….

Alors je m’éxécutai car on ne pouvait tout simplement pas résister à cette femme là. Et elle m’encourageait: “Vas y poussin, c’est bon pour ta croissance. Un grand garçon comme toi, ça doit prendre des forces….”

Heureusement que l’estomac d’un adolescent a des facultés d’ingestion et de récupération insoupçonnées…… Il faut dire qu’elle avait dû passer toute sa matinée à préparer “son” festin. Ne pas y faire honneur aurait été la priver de son bonheur. Et on n’avait tout simplement pas le droit de rendre malheureuse cette femme là….

A quatre heures, deux pains au chocolat et un autre litre de jus d’orange. Il n’y avait pas une seule minute que j’ai passé chez elle où elle avait autre chose en tête que de me faire plaisir.

Et pourtant….. Et pourtant le temps avait commencé à faire ses effets. L’arthrose avait déformé son dos et ses jambes au point qu’elle ne marchait qu’en titubant…..sans jamais toutefois se servir d’une canne….par coquetterie sans doute.

La station debout était pour elle une souffrance infinie mais chaque mercredi tout était prêt, comme d’habitude, pour m’acceuillir. Et quand j’évoquais ses soucis de santé, elle commençait par émettre un petit gloussement de gorge avant de dire “que veux-tu poussin, c’est la vie!”

Parfois nous branchions la radio et si la chanson lui plaisait (elle raffolait des crooners style sinatra ou dean martin), je l’invitai à danser. Il fallait faire attention à ne pas aller trop vite, chaque pas était un miracle, mais je lisais dans ses yeux un reflet que l’on devait voir pétiller quand elle avait 20 ans. Un peu comme si j’étais là à son premier bal, moi en frac et elle avec sa robe de crinolline, souriants avec la tendre complicité qu’ont les danseurs , seuls sur terre avec le parquet qui défile en tournoyant.

Elle prennait toujours ma défense, avec un aplomb et une mauvaise foi que seul l’amour pouvait insuffler. “Poussin” aurait pu voler, violer ou tuer qu’elle m’aurait trouvé admirable et pur. Mais jamais je ne l’aurai fait, parce que l’on n’a tout simplement pas le droit de décevoir cette femme là….

Elle est morte ce samedi. 

Et c’était ma grand-mère.

Lorsque le prêtre est venu lui donner l’extrême-onction, il lui a dit : “Courage, vous allez retrouver votre mari” (décédé 3 ans plus tôt). Elle a alors souri et son sourire ne l’a jamais plus quittée, jusque dans le cerceuil.

Même si mes yeux d’adultes ne tolèrent pas la présence de mes larmes d’enfants, je ne cesse depuis de penser à elle.

Parce que, voyez vous, je ne pourrai jamais cesser d’aimer cette femme là……….