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Le blog de gatsby1969

“Le sérieux est le bonheur des imbéciles” Montesquieu

Archive de ‘Fiction’


L’espoir

Non la vie n’est pas facile, non rien n’est simple, ni tout blanc, ni tout noir et nos coeurs deviennent gris.

Non aimer n’est pas facile, non rien n’est simple, comment donner cette tendresse qui deborde en nos coeurs et nous handicape, comment offrir tout ce que nous avons au fond de nous et qui nous rends aigris et tristes parce que cela ne peut pas sortir, comment se donner mais sans se decouvrir, parce que nous avons autant peur de la solitude que de souffrir à nouveau, autant peur du vide que d’etre decu par l’autre .

Non aimer n’est pas facile mais nous esperons tous un jour y arriver.

Un mal pernicieux nous ronge de l’interieur mais, orgueilleux que nous sommes, rien ne doit filtrer vers l’exterieur.

Ne pas perdre la face, ne pas supplier ou quemander, parce que meme si en amour nous sommes pauvres, nous ne sommes pas des mendiants.

Mais courage mes freres et soeurs de douleur, la vie est un yo-yo au mouvement perpetuel, un jour en haut, l’autre en bas, un jour cafard, l’autre cigale, un jour miserable, l’autre imperial, un jour de pluie, l’autre ensoleille, un jour de silence, l’autre de chansons, un jour noir (et parfois une nuit blanche), l’autre d’espoir…..

Oui l’espoir.

Car il peut tout nous arriver, nous prendre toutes les rebuffades, tous les sourires de complaisance (la pire des insultes…), tous les rendez-vous manques et les silences etouffants, si au fond de nous subsiste une infime parcelle d’espoir nous pouvons nous remettre et continuer d’aller de l’avant. Tant qu’une once infinitesimale de cette petite lueur brille, nous ne sommes pas encore definitivement morts.

Faute d’amour, l’espoir est notre bien le plus precieux et un petit rien, un sourire, un mot, un geste peuvent le faire revivre à tout moment.

L’espoir est capricieux, il flotte au gre de nos emotions, tel un bouchon sur une mer dechainee. L’espoir est traitre, il nous fait revivre pour nous replonger dans le neant des la prochaine deception. L’espoir est une flamme qui brille mais peut nous bruler a  sa guise lorsque nous jouons avec son feu.

L’espoir me guide aujourd’hui, un jour en haut, un jour en bas, il m’entraine dans cette sarabande folle et endiablee que je ne controle plus parce que je sens que, sans lui, ma vie va m’echapper.

Tac Tac Tac Tac

Les mains dans les poches, errant du pas nonchalant de celui qui va pour trouver je ne sais qui je ne sais quoi, sans autre idee precise que de perdre un peu de mon temps, j’ai soudain entendu un bruit clair et rythme qui petit a  petit montait vers moi.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

C’etait une femme. Son allure lui donnait quelque chose d’indefinissable que les hommes reconnaissent au premier coup d’oeil et qui leur met d’entree les hormones en emoi. J’etais bien incapable de lui donner un age mais ce n’etait plus une gamine. On devinait qu’elle avait deja  connu de l’amour et des pleurs, des corps qui se dechainent et des nuits de solitude, des tendres serments et des jurons etouffes. Cela lui donnait cet espece de detachement hautain sur les choses et les gens qui vous donne de suite l’envie de lui plaire.

Elle marchait en sens contraire sur le trottoir, encore a  une bonne vingtaine de metres de me croiser. Et sous sa demarche fiere et rapide, ses talons claquaient sur le bitume.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Il y avait dans son allure un je-ne-sais-quoi de fort et de fragile a  la fois, de tendre mais severe, de joie mais aussi de gravite.

Encadres par une aureole de cheveux chatains clairs qui lui tombaient jusqu’aux homoplates, des yeux noisettes qui par facetie avaient pris une forme d’amande, une bouche curieuse dont la levre du haut etait si fine qu’elle rehaussait d’un simple trait une levre inferieure gourmande, gonflee comme un fruit mur, avide de croquer la vie et de provocquer ce petit bruit de succion que nous connaissons tous quand les bouches se quittent apres un baiser.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Elle se rapproche de moi et je puis la detailler.

Elle porte un petit chandail marron qui serre son buste et met ses courbes en valeur sans pour autant perdre cette sensation de chaleur et de confort qu’inspire une laine legere.
Sous deux epaules fines legerement tombantes, deux bras maigres s’agitent avec energie.
Deux seins, ronds et lourds, marquent la cadence de sa demarche et jettent comme un defi a  celui dont le regard se perd dans leur mouvement.
La taille est fine et le ventre presque plat. Je dis presque car on devinait plus qu’on ne voyait un leger renflement au dessous du nombril, laissant presager cet espece de petit coussinet doux et tendre qui marque le decrochement entre le pubis et le torse.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Elle avait une jupe longue en coton de couleur beige clair qui serrait sa taille et s’allongeait sur ses jambes interminables pour finir en se resserrant sur ses chevilles. Une de ces jupes qui vous moule les hanches et vous force a  marcher a  petits pas en raison de l’etroitesse de l’ouverture. La distance diminuant, j’entendais distinctement le delicat frou-frou que faisait l’etoffe en frottant contre ses cuisses. Son fessier ondulait au gre de sa demarche en un balancier provocquant qui transformait mon coeur en pendule franc-comtoise. Droite-gauche, droite-gauche, droite-gauche, mon Dieu nous, pauvres hommes, ne sommes que des pantins face a  une chute de reins……

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Et puis soudain. Soudain. Un fourmillement monte en mon bas-ventre. Une chaleur intolerable envahit mon bassin, un tremblement incontrolable agite mes doigts, soubresauts de ma raison qui lutte en vain avant de sombrer sous cette pulsion qui m’emporte.

Je la desire.
Je la veux.
Qui est elle ? Je n’en sais rien et m’en fout eperdumment.
Je n’en peux plus, je n’en puis plus.
J’ai trop envie. Envie de me jetter sur elle, la bousculer contre le mur, arracher comme un dement son chandail trop sage et faire jaillir cette poitrine qui me nargue et m’appelle. Enfouir ma bouche vorace au creu de son cou, la  ou la chair est tendre et la peau soyeuse, respirer son odeur comme un ivrogne s’enivre, en buvant jusqu’a  la lie son dernier breuvage avant de partir au voyage de ses songes, de mes mains presser la chair ferme de ses mamelons, la pincer, la petrir comme un boulanger malaxe sa pate et goulumment les lecher, gober ses tetons durcis et la faire gemir.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Puis mes mains fievreuses monteront a  l’assaut de sa jupe. Qu’importe le lieu, qu’importe la rue !
Grimper le long de ses cuisses comme on monte au ciel, dire adieu au monde et s’abimer dans la folie comme une ultime offrande a  la vie. A l’entree de la porte sacree de sa feminite y engloutir mes doigts rageurs en une carresse de dement, inspecter, explorer, traquer cette antre profonde et la transformer en ocean.
Sentir son souffle qui mue en doux haletement, sa nuque qui se penche en arriere, et ses premiers soupirs qui viennent briser le silence de nos solitudes trop propres.
Faire de son bas ventre une lave que nulle eau ne peux refroidir, une plaie beante qui supplie d’etre apaisee.
Puis, lorsque son bassin s’agitera frenetiquement en une houle desordonnee, lorsque ses soupirs deviendront cris, lorsque de femme elle se fera louve, m’engouffrer, me plonger en elle.
Transformer mes reins en un marteau-piqueur infernal, avancer, avancer sans cesse, comme une vague de guerriers monte a  l’assaut sous la mitraille, penetrer plus loin plus fort dans son intimite, me fondre en elle et joindre mes cris aux siens, mon souffle a  ses expirations rauques, ne plus etre humain mais animal, figer le temps et le monde en un ouragan de sueur et de salive. Quitter toute convention, toute politesse, toute pensee, oublier reves, souvenirs et craintes pour revenir a  notre etat primaire.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Puis enfin, enfin, en fin, dans une ultime boule de feu, comme un torrent qui s’evade d’un barrage qui l’a maintenu trop longtemps captif, jaillir, jaillir, jaillir. Se dissoudre dans le neant, se fondre dans l’univers, infimes particules dans l’immensite et hurler dans une ultime commune delivrance. Hurler a  s’en peter les tympans, hurler a  defier le monde entier, hurler sans retenue, premier cri des deux nouveaux nes sortant d’une trop longue apnee, hurler a  cette mort que nous venons de quitter, enfin vivants.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Ca y est elle me croise ! Elle me fait face ! Je sens son parfum. Son regard est sur moi. Ses yeux interrogateurs se baignent une fraction de seconde dans les miens, un vague sourire se dessine sur ses levres. Sourire-promesse ? Sourire?moqueur ? Sourire de politesse ?
Avait-elle a  l’instant les memes pensees coupables que moi ?
Je ne sais.

Sur le moment j’ai eu l’impression qu’une meche de ses cheveux frolait ma joue. Elle y a laisse une trace brulante comme celle que le fouet laisse quand il se retire de la chair embrassee.

Tac Tac Tac Tac Tac Tac

Elle me depasse.

J’entends le bruit de ses talons petit a  petit s’eloigner.

Tac Tac Tac

Et je ne me suis meme pas retourne….