Amis du jour, re-bonjour !
Ouais je sais je suis prolixe aujourd’hui. J’avais des fourmis dans les doigts après une longue période de silence.
J’avais envie aussi de déblatérer un petit peu sur la bêtise humaine (un de mes sujets de prédilection) en évoquant un des moments où elle s’exprime le mieux : la conduite de ces cerceuils sur roues que nous appelons avec affection “voitures”.
Ralalààà je sens que je vais me régaler aujourd’hui…..Un sourire sadique enjolive mon faciès au moment où je vous écrit, tellement j’en ai à raconter sur le sujet.
Tout d’abord distinguons (comme d’habitude !) le point de vue masculin du point de vue féminin…
Déjà le fossé entre les deux communautés se creuse au point de ressembler à la Fosse des Mariannes dès le choix du véhicule: l’homme regarde en premier les caractéristiques techniques (moteur, cylindrée, consommation et surtout faculté d’accélération et vitesse de pointe si vous voyez ce que je veux dire…). C’est d’autant plus essentiel qu’il doit connaître sur le bout des doigts ce genre de choses pour meubler utilement les conversations à venir avec son voisin, son beau-frère, ses amis, le chien de sa voisine etc etc…. quand il présentera son nouveau joujou avec fierté et ostentation. Nous le savons bien, tout homme est l’heureux propriétaire d’une formule 1 dernier cri et, même si tout comme moi il ne sait pas où se situe les bougies, il est capable de vous parler de sa “tête de delco” pendant 3 heures sans pause pipi !
Une femme a une vision totalement opposée à la question. Tout d’abord elle ne sait pas ce que veut dire la tête de delco et s’en fout éperdumment ! Ce qui compte pour elle, c’est que la voiture soit “mignonne”. Son esthètique doit coller à la personalité de sa future propriétaire (voire sa couleur coordonnée avec celle du sac à main…). Peu importe qu’elle roule au jus de betterave, qu’elle ait une vitesse d’escargot asthmatique ou encore que les “reprises” soient courtes ou longues ! (je parle de la voiture, pas de la femme, bande de goujats !!!!!!!)
Ensuite viennent les autres critères essentiels: la taille du coffre pour ranger la poussette, les cartables, les courses et tout ce qui meuble utilement la vie de nos moitiés, les espaces de rangement pour mettre le biberon du bébé ou le dentier de mamie, et surtout la taille du rétroviseur pour arranger la frange rebelle qui rebique tout le temps cette conne (la mèche…pas la conductrice ! rhooooo mais ça va suffire oui !) en attendant que le feu passe au vert (quand on attend au feu la conductrice remet du rouge à lèvres ou se recoiffe, le conducteur lui se cure le nez…).
Différence ensuite dans le comportement au volant:
- Chez l’homme tout est question de “moyenne”….D’où les expressions consacrées suivantes : “arrêtes chérie tu vas me casser ma moyenne !”, “on a fait X km/h de moyenne”, “je ralentis, l’adhérence est moyenne”, “- Alors c’était comment ces vacances à Vesoul chez ta belle-mère ? - Moyen !”
Deux types d’homme émergent du lot: les gens pressés et les fatalistes.
- Les “pressés” sont prêts à faire toutes les folies pour gagner le fameux dixième de seconde qui leur permettra de dire avec fierté “j’ai parcouru le trajet boulangerie-poste en 2 minutes et 27 secondes”. Pour certains il faut doubler, zigzaguer à droite - à gauche et sans le clignotant (sinon ce serait pas drôle), voire rouler sur la bande d’arrêt d’urgence, pour sacrifier au rite du Dieu “Temps qui passe” même s’ils ont un quart d’heure d’avance sur le planning et que rien ne presse.
On assiste alors aux comportements les plus odieux (coups de klaxon quand le feu passe au vert, course poursuite si sa “formule 1″ est doublée par un plus rapide que lui, mesquineries en tout genre pour que nom de Dieu on puisse passer devant l’autre taré quand on est coincé dans un bouchon, bras d’honneur et insultes quand on traîne devant etc etc) si ces personnes estiment que l’on est en train de leur “casser” leur belle “moyenne” qui leur permettra d’aller plus vite au purgatoire quand le fatal accident de la route qui les guette arrivera. Je connaît ainsi des gens parfaitement censés, polis et calmes qui se transforment en fauves de l’asphalte dès qu’ils ont un volant dans les mains. La bave fleurit à la commissure de leurs lèvres, les yeux s’injectent de sang et ils se mettent à jurer et crier dès que quelqu’un leur fait l’insulte suprême de les ralentir.
- Les fatalistes sont une race plus calme et au demeurant (seulement au demeurant, on verra pourquoi plus loin !)hautement sympathique. Ils ont le temps même s’ ils ne l’ont pas et se disent que le plus sûr moyen d’arriver d’un point à un autre est d’arriver vivant ! Forts de leur bon droit, ils respectent les limitations de vitesse, voire freinent comme des fous et se mettent 30km/h en dessous de la limite légale quand arrive le radar automatique et affichent une bonhomie énervante quand on est derrière eux, en retard à votre rendez-vous et que le stress monte dans votre habitacle…..C’est généralement dans ce cas là que le fataliste s’arrête pour laisser passer un tracteur (et les agriculteurs sont au volant de leur engin de grands fatalistes…) … Ou une voiturette sans permis (le plus féroce prédateur de la route après le radar mobile ! Combien d’accidents ont lieu chaque année quand des personnes ont voulu dépasser ces machins que de loin on prend pour une voiture alors qu’ils avancent à la vitesse d’un Trésorier du Fisc qui doit rendre des sous ? Hum ?????).
On rencontre très souvent le fataliste sur la voie de gauche d’un autoroute, roulant juste à la vitesse autorisée et refusant obstinément de se rabattre, convaincus qu’il est d’être dans son bon droit sur la base de l’axiome suivant :”Nan je me rabattrai pas ! Elle est limitée à 130 et moi je suis à 130….”.
Chez les femmes on distinguera trois clans: la “femme de base”, la “masculine” et, pour la bonne bouche, la “distraite”
- La “femme de base” a peur de la voiture. Elle craint pour sa progéniture qui est sur la banquette arrière et surtout, par instinct de conservation, elle ne connaît que trop bien les hommes pour ne pas se méfier de leurs prouesses motorisées. D’où une certaine réticence à y aller franchement. Et dans sa conduite ça se sent ! Le temps de réaction pour s’engager dans un dépassement est plus long (”J’y vais ou l’autre fou qui est derrière aussi va s’engager de façon brutale ?”), le temps d’arrêt au stop aussi, et au feu on s’engage avec le tempo moderato ma non troppo ( parce que la mèche rebelle a été très récalcitrante ou parce qu’on veut vraiment vérifier que le feu est bien vert …..). Bien entendu les excès de vitesse sont rarissimes et même parfois on peut voir des “sous-vitesses” qui pourrait faire croire qu’elles conduisent avec une voiturette sans permis….
- La masculine quand à elle est un vrai homme au volant. Il n’y a rien à dire sur elle: tout a été développé sous la rubrique “homme” du présent texte ! Un seul bémol pourtant: il peut exister une variante extrêmement dangereuse, la masculine coquette……. Remettre sa mèche de cheveux à 180 km/h de “moyenne” peut présenter des inconvénients non négligeables….
- La distraite est une espèce à part. Elle est très facile à repérer: c’est la seule qui freine au feu vert ! On peut aussi la reconnaître à sa fâcheuse habitude de mettre le clignotant à droite quand elle va à gauche (ou inversement), voire à mettre la marche arrière sur la voie rapide car elle a loupé sa sortie… Il peut arriver que la distraite tombe en panne d’essence ou encore fasse trois fois le tour d’un rond-point car elle hésite sur sa direction. De même on peut aussi la rencontrer blocquant une station service car elle a mis de l’essence dans le réservoir de la splendide turbo-diesel de son mari…(traduit en langage d’homme ça donnerait : 250cv, 220km/h de vitesse de pointe, 0 à 100 en 8,4S, boîtier semi-automatique, ABS, ESP, ASR, grille-pain et pommeau de douche intégrés !). Sous ses aspects les plus sympathiques, la distraite est éminemment dangereuse. Leurs époux prévoyants leur offrent souvent des véhicules à l’épreuve des balles, genre 4X4 blindé ou char d’assaut, afin de limiter la casse qu’induit forcément leur caractère aventureux.
En conclusion, ami lecteur, tu dois te demander dans quelle catégorie tu ranges l’auteur de ce pamphlet, partant du principe qu’il est facile de se moquer mais plus difficile d’être irréprochable. A cela ma réponse est nuancée: comme bon nombre d’entre nous je suis un peu de tout, en fonction de mon humeur du moment, du temps qu’il fait dehors, du type de musique que j’écoute en conduisant, si mes enfants “parqués” à l’arrière de ma voiture me rejouent la troisième guerre mondiale version chérubins ou encore si mon “ex” en me les laissant pour le week-end m’a une fois de plus livré des réflexions bien senties sur le bonheur de ne plus vivre avec moi… Et comme je suis poète, j’ai aussi un aspect féminin dans ma personnalité qui me permet parfois de faire trois fois le tour du rond-point avant de mettre du diesel dans mon réservoir à essence….