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Le blog de gatsby1969

“Le sérieux est le bonheur des imbéciles” Montesquieu

Archive du 7 avril 2008


Les Fous du Volant

Amis du jour, re-bonjour !

Ouais je sais je suis prolixe aujourd’hui. J’avais des fourmis dans les doigts après une longue période de silence.

J’avais envie aussi de déblatérer un petit peu sur la bêtise humaine (un de mes sujets de prédilection) en évoquant un des moments où elle s’exprime le mieux : la conduite de ces cerceuils sur roues que nous appelons avec affection “voitures”.

Ralalààà je sens que je vais me régaler aujourd’hui…..Un sourire sadique enjolive mon faciès au moment où je vous écrit, tellement j’en ai à raconter sur le sujet.

Tout d’abord distinguons (comme d’habitude !) le point de vue masculin du point de vue féminin…

Déjà le fossé entre les deux communautés se creuse au point de ressembler à la Fosse des Mariannes dès le choix du véhicule: l’homme regarde en premier les caractéristiques techniques (moteur, cylindrée, consommation et surtout faculté d’accélération et vitesse de pointe si vous voyez ce que je veux dire…). C’est d’autant plus essentiel qu’il doit connaître sur le bout des doigts ce genre de choses pour meubler utilement les conversations à venir avec son voisin, son beau-frère, ses amis, le chien de sa voisine etc etc…. quand il présentera son nouveau joujou avec fierté et ostentation. Nous le savons bien, tout homme est l’heureux propriétaire d’une formule 1 dernier cri et, même si tout comme moi il ne sait pas où se situe les bougies, il est capable de vous parler de sa “tête de delco” pendant 3 heures sans pause pipi !

Une femme a une vision totalement opposée à la question. Tout d’abord elle ne sait pas ce que veut dire la tête de delco et s’en fout éperdumment ! Ce qui compte pour elle, c’est que la voiture soit “mignonne”. Son esthètique doit coller à la personalité de sa future propriétaire (voire sa couleur coordonnée avec celle du sac à main…). Peu importe qu’elle roule au jus de betterave, qu’elle ait une vitesse d’escargot asthmatique ou encore que les “reprises” soient courtes ou longues ! (je parle de la voiture, pas de la femme, bande de goujats !!!!!!!)

Ensuite viennent les autres critères essentiels: la taille du coffre pour ranger la poussette, les cartables, les courses et tout ce qui meuble utilement la vie de nos moitiés, les espaces de rangement pour mettre le biberon du bébé ou le dentier de mamie, et surtout la taille du rétroviseur pour arranger la frange rebelle qui rebique tout le temps cette conne (la mèche…pas la conductrice ! rhooooo mais ça va suffire oui !) en attendant que le feu passe au vert (quand on attend au feu la conductrice remet du rouge à lèvres ou se recoiffe, le conducteur lui se cure le nez…).

 Différence ensuite dans le comportement au volant:

- Chez l’homme tout est question de “moyenne”….D’où les expressions consacrées suivantes : “arrêtes chérie tu vas me casser ma moyenne !”, “on a fait X km/h de moyenne”, “je ralentis, l’adhérence est moyenne”, “- Alors c’était comment ces vacances à Vesoul chez ta belle-mère ? - Moyen !”

Deux types d’homme émergent du lot: les gens pressés et les fatalistes.

- Les “pressés” sont prêts à faire toutes les folies pour gagner le fameux dixième de seconde qui leur permettra de dire avec fierté “j’ai parcouru le trajet boulangerie-poste en 2 minutes et 27 secondes”. Pour certains il faut doubler, zigzaguer à droite - à gauche et sans le clignotant (sinon ce serait pas drôle), voire rouler sur la bande d’arrêt d’urgence, pour sacrifier au rite du Dieu “Temps qui passe” même s’ils ont un quart d’heure d’avance sur le planning et que rien ne presse.

On assiste alors aux comportements les plus odieux (coups de klaxon quand le feu passe au vert, course poursuite si sa “formule 1″ est doublée par un plus rapide que lui, mesquineries en tout genre pour que nom de Dieu on puisse passer devant l’autre taré quand on est coincé dans un bouchon, bras d’honneur et insultes quand on traîne devant etc etc) si ces personnes estiment que l’on est en train de leur “casser” leur belle “moyenne” qui leur permettra d’aller plus vite au purgatoire quand le fatal accident de la route qui les guette arrivera. Je connaît ainsi des gens parfaitement censés, polis et calmes qui se transforment en fauves de l’asphalte dès qu’ils ont un volant dans les mains. La bave fleurit à la commissure de leurs lèvres, les yeux s’injectent de sang et ils se mettent à jurer et crier dès que quelqu’un leur fait l’insulte suprême de les ralentir.

- Les fatalistes sont une race plus calme et au demeurant (seulement au demeurant, on verra pourquoi plus loin !)hautement sympathique. Ils ont le temps même s’ ils ne l’ont pas et se disent que le plus sûr moyen d’arriver d’un point à un autre est d’arriver vivant ! Forts de leur bon droit, ils respectent les limitations de vitesse, voire freinent comme des fous et se mettent 30km/h en dessous de la limite légale quand arrive le radar automatique et affichent une bonhomie énervante quand on est derrière eux, en retard à votre rendez-vous et que le stress monte dans votre habitacle…..C’est généralement dans ce cas là que le fataliste s’arrête pour laisser passer un tracteur (et les agriculteurs sont au volant de leur engin de grands fatalistes…) … Ou une voiturette sans permis (le plus féroce prédateur de la route après le radar mobile ! Combien d’accidents ont lieu chaque année quand des personnes ont voulu dépasser ces machins que de loin on prend pour une voiture alors qu’ils avancent à la vitesse d’un Trésorier du Fisc qui doit rendre des sous ? Hum ?????).

On rencontre très souvent le fataliste sur la voie de gauche d’un autoroute, roulant juste à la vitesse autorisée et refusant obstinément de se rabattre, convaincus qu’il est d’être dans son bon droit sur la base de l’axiome suivant :”Nan je me rabattrai pas ! Elle est limitée à 130 et moi je suis à 130….”.

Chez les femmes on distinguera trois clans: la “femme de base”, la “masculine” et, pour la bonne bouche, la “distraite”

- La “femme de base” a peur de la voiture. Elle craint pour sa progéniture qui est sur la banquette arrière et surtout, par instinct de conservation, elle ne connaît que trop bien les hommes pour ne pas se méfier de leurs prouesses motorisées. D’où une certaine réticence à y aller franchement. Et dans sa conduite ça se sent ! Le temps de réaction pour s’engager dans un dépassement est plus long (”J’y vais ou l’autre fou qui est derrière aussi va s’engager de façon brutale ?”), le temps d’arrêt au stop aussi, et au feu on s’engage avec le tempo moderato ma non troppo ( parce que la mèche rebelle a été très récalcitrante ou parce qu’on veut vraiment vérifier que le feu est bien vert …..). Bien entendu les excès de vitesse sont rarissimes et même parfois on peut voir des “sous-vitesses” qui pourrait faire croire qu’elles conduisent avec une voiturette sans permis….

- La masculine quand à elle est un vrai homme au volant. Il n’y a rien à dire sur elle: tout a été développé sous la rubrique “homme” du présent texte ! Un seul bémol pourtant: il peut exister une variante extrêmement dangereuse, la masculine coquette……. Remettre sa mèche de cheveux à 180 km/h de “moyenne” peut présenter des inconvénients non négligeables….

- La distraite est une espèce à part. Elle est très facile à repérer: c’est la seule qui freine au feu vert ! On peut aussi la reconnaître à sa fâcheuse habitude de mettre le clignotant à droite quand elle va à gauche (ou inversement), voire à mettre la marche arrière sur la voie rapide car elle a loupé sa sortie… Il peut arriver que la distraite tombe en panne d’essence ou encore fasse trois fois le tour d’un rond-point car elle hésite sur sa direction. De même on peut aussi la rencontrer blocquant une station service car elle a mis de l’essence dans le réservoir de la splendide turbo-diesel de son mari…(traduit en langage d’homme ça donnerait : 250cv, 220km/h de vitesse de pointe, 0 à 100 en 8,4S, boîtier semi-automatique, ABS, ESP, ASR, grille-pain et pommeau de douche intégrés !). Sous ses aspects les plus sympathiques, la distraite est éminemment dangereuse. Leurs époux prévoyants leur offrent souvent des véhicules à l’épreuve des balles, genre 4X4 blindé ou char d’assaut, afin de limiter la casse qu’induit forcément leur caractère aventureux.

En conclusion, ami lecteur, tu dois te demander dans quelle catégorie tu ranges l’auteur de ce pamphlet, partant du principe qu’il est facile de se moquer mais plus difficile d’être irréprochable. A cela ma réponse est nuancée: comme bon nombre d’entre nous je suis un peu de tout, en fonction de mon humeur du moment, du temps qu’il fait dehors, du type de musique que j’écoute en conduisant, si mes enfants “parqués” à l’arrière de ma voiture me rejouent la troisième guerre mondiale version chérubins ou encore si mon “ex” en me les laissant pour le week-end m’a une fois de plus livré des réflexions bien senties sur le bonheur de ne plus vivre avec moi… Et comme je suis poète, j’ai aussi un aspect féminin dans ma personnalité qui me permet parfois de faire trois fois le tour du rond-point avant de mettre du diesel dans mon réservoir à essence….

Poesie 2 “Ze Return !!!”

Amis du Jour, Bonjour !

 A l’heure où je vous écrit ces quelques lignes un chiffre me sidère. Il y a eu 1081 personnes qui m’ont lu…. Un truc de dingue…. Quand j’avais initié ce blog, jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurai pensé avoir autant de lecteurs. Pourtant ce journal pas tout à fait intime (faut quand même pas déconner !) n’était pas destiné à devenir un de vos lieux de passage. Pour moi c’était un défouloir, un espace de liberté me permettant de graver sur mon écran mes joies, mes peurs et coups de gueule. Et puis et puis, vinrent les commentaires. Merci à tout ceux qui se sont exprimés, chacun à leur façon, pour me témoigner leur sympathie. J’aurais à ce sujet une pensée émue pour trois personnes devenues en quelque sorte mes afficionados: ma pote suissesse Syane qui a carrément souscrit un abonnement (enfin gratuit quand même l’abonnement, faut pas pousser mémé dans les orties…), mon pote québecquois Metal qui me harcèle sur le chat pour savoir quand je vais écrire mon prochain article (il me fait penser à mon ancien redac’chef ! Toujours pressé que je sorte l’ouvrage dans les temps..lol) et enfin mon pote ( ou potesse ???) américain anonyme qui a dû se connecter un bon 1.000 fois et qui doit ramer comme un fou pour traduire mes mots de franchouillard pur jus en anglais (il doit être devenu complétement bilingue depuis !!!).

J’aurai aussi une pensée amusée pour les 10 gugus qui ont débarqué sur ma page en faisant une recherche google sur le terme “cul de vieille”, nul doute qu’en me lisant ils ont pas été déçus du résultat !!! Bon désolé les gars (parce que pour rechercher ça, faut être nécessairement un homme non ?) mais ici y a pas de photos et il n’y a pas non plus matière à s’exciter autre chose que les neurones…..

En l’honneur de ces 10 grands poètes incompris et inconnus je leur dédie ce nouvel article de mon blog: un nouveau florilège de mes poèsies préférées. Nul doute qu’ils se jetteront dessus avec l’empressement que dicte le bouillonement de leurs hormones insatisfaites……..

EL DESDICHADO  

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé,

Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.  

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.  

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;

J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…  

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.  

Gérard de Nerval

Ca y est j’ai la chair de poule…. Ce poème déclenche en moi des vagues d’émotion que je n’arrive toujours pas à contrôler. Cette mélancolie absolue, cette peine qui ronge le poète me touche. Et surtout j’adore le rythme syllabique de ce poème. Ami lecteur, si tu veux comprendre pourquoi, récites donc à voix haute ce texte. Tu verras qu’en le prononçant chaque strophe comprend tour à tour un rythme lent puis rapide. Le premier vers contient une césure (une pause si vous préfèrez) en son milieu que l’on retrouve dans le troisième vers. Par contre les vers 2 et 4 se prononcent d’une traite. Et cette alternance me ravit car il rend le texte encore plus profond, la musique des sons est splendide.

Les Yeux d’Elsa  

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire 

 J’ai vu tous les soleils y venir se mirer 

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L’été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur

Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Aragon

Ralalah que ces yeux ont fait couler d’encre (clin d’oeil à Francis Cabrel)…. J’adore le passage suivant :”Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie- Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure”. Mais si on lit attentivement le poème, on s’aperçoit que ce filoux d’Aragon vient dire qu’il aime les yeux de sa belle quand ils ont pleuré…. Ce salopiod se féliciterait-il par sadisme de la rendre malheureuse ? Ou alors justifie-t-il par la poèsie la tristesse de sa belle ? Ou tente-t-il de la consoler ? No le say…

Le gymnaste  Comme son G l’indique le gymnaste porte le bouc et la moustache que rejoint presque une grosse mèche en accroche cœur sur un front bas.

Moulé dans un maillot qui fait deux plis sur l’aine il porte aussi, comme son Y, la queue à gauche.

Tous les cœurs il dévaste mais se doit d’être chaste et son juron est BASTE !

Plus rose que nature est moins adroit qu’un singe il bondit aux agrès saisi d’un zèle pur.

Puis du chef de son corps pris dans la corde à nœuds il interroge l’air comme un ver de sa motte.

Pour finir il choit parfois des cintres comme une chenille, mais rebondit sur pieds, et c’est alors le parangon adulé de la bêtise humaine qui vous salue.

Francis Ponge, Le Parti-pris des choses

Souvenir, souvenir quand tu nous tient ! J’ai “rencontré” Francis Ponge pour la première fois au Lycée, c’était un texte que j’avais à préparer pour passer mon Bac. Depuis on ne s’est plus quitté. J’aime sa fantaisie et son monde bien à lui, pas prétentieux, ni ronflant, plein de facétie et d’humour. Je vous conseille le livre “le parti-pris des choses” où il transforme les éléments les plus bassement terre à terre, comme un cageot, une orange ou du pain, en oeuvre poétique. C’est du grand art. Par ailleurs je trouve cela superbe de dire que les plus modestes choses de notre quotidien sont belles si on veut bien les regarder d’un autre oeil. Un de mes textes préférés s’appelle “la cigarette” et franchement cela vaut le coup d’oeil. Le texte d’aujourd’hui m’amuse beaucoup. Il traite non d’un objet qu’il humanise mais d’un individu, assez ridicule il faut bien l’admettre, qu’il transforme en une simple marionnette comme les automates du siècle dernier.Par ailleurs son écriture est simpliste et joue sur les sons autant que sur les images. Bref une bonne blague faite en poèsie. Mais Francis Ponge est coutumier du fait….