gatsby1969.
Voir son profil
Pas connecté: S'identifier - S'inscrire

Le blog de gatsby1969

“Le sérieux est le bonheur des imbéciles” Montesquieu

Archive de avril, 2008


Le postérieur de nos ainées

Amis du Jour Bonjour !

Ben ouais c’est le grand retour du vengeur masqué… Fallait bien un jour qu’il réapparaisse…..

Je gage que vos esprits aiguisés et accoutumés à mes facéties épistolaires (flâttez moi mon bon Blase ! lol) ont derechef compris que j’avais mon fameux détecteur à couennerie qui s’était déclenché.

Je confirme.

Et sur ce blog en plus !

 Dans un précédent article je médisais en avant-propos sur 10 malheureux qui n’avaient rien trouvé de mieux pour accéder à ma page que de faire une recherche internet sur le thème “cul de vieille” et là paf ! , ils tombent sur mon article intitulé “au cul la vieille c’est le printemps” qui ironisait sur les retombées commerciales de l’arrivée des beaux jours. Il faut dire que mon blog est doté d’un joujou bien pratique me permettant de savoir combien de personnes m’ont lu et par quel biais ils sont arrivés sur ma page.

Et bien figurez vous amis lecteur que mes 10 amoureux gérontophiles ont fait des petits !!!!!

Ben oui faut croire qu’ils ont finalement trouvé des pas-encore-ménopausées qui leur ont permis de développer de façon, oh combien prolifique !, le gang des fanas du vieux postérieur. Jugez donc:

- en termes de recherche pour les mots “cul de vieille” : 26 connectés

- en termes de recherche pour les mots “cul vieille”: 6 connectés

- en termes de recherche sur les mots “blog cul de vieille”: 3 connectés

Soit au total 35 connectés dont 25 sur un petit mois (chiffre qui va encore exploser de façon exponentielle vu les mots que j’emploie pour vous écrire ce jour, les moteurs de recherche vont se régaler……)

 J’avoue mon étonnement. Etant assez ouvert d’esprit, je puis concevoir que tout les goûts sont dans la nature et que, ma foi, une brave mamie docile puisse être un objet de désir au même titre que “miss juillet” du dernier “Playboy” acheté par mes soins (sauf erreur de ma part c’était en 1987 avec Danièle Gilbert à poil en couverture ……bon….. tout les gouts sont dans la nature non ?). Mais la proportion me fait frémir…. Car pour 35 recherches sur le popotin de nos ainées, j’ai 2 recherches sur Francis Ponge et 3 sur la poésie en général (sans doute des lycéens qui avaient à préparer un devoir et pompaient sans vergogne sur le net afin de ne pas perdre trop de temps à réfléchir et retourner vite fait sur leur Gamecube car, nom de Dieu, ils sont enfins arrivés au niveau 13, celui qui est balèze avec des monstres verts déguisés en apparatchiks hongrois de la guerre froide qui vous balancent des lasers au cosmogonol 31 (des shaddocks ?))

Il est vrai que l’on a rarement une érection en lisant du Verlaine, enfin quoi queue…on ne sait jamais, dans un pays où 55% des personnes croient que c’est le soleil qui tourne autour de la terre il ne faut douter de rien !

Y-a-t-il des choses que j’ignore chez les détentrices de carte vermeil ? Sont elles des bêtes assoiffées de luxure ? Le feu sous la glace ? Des positions inédites grâce au fonctionnement des nouvelles prothèses de hanche ? Y-a-t-il “ouragan sur la gaine” ? (clin d’oeil à Humphrey Bogart pour les cinéphiles, les autres faites marcher google et vous trouverez lol)

No le say.

Mais bon, fort de cet indice, nul doute que je passerai mes vacances d’été à la maison de retraite “Les Gais Pinsons” de Brie-Comte-Robert, on sait jamais…..des fois que je pourrai conclure (comme dirait Jean-Claude Dusse)……

PS: au fait j’ai intitulé mon article “le postérieur de nos ainées”, ça a la même signification mais ça fait plus littéraire non ? Et puis c’est toujours ça que les moteurs de recherche n’auront pas !

Un texte pour ne pas oublier

Amis du Jour Bonjour,

 Il y a des jours où il n’est pas facile de prendre son clavier et de trouver les mots justes. C’est le cas aujourd’hui. Parce que le sujet que je me dois d’évoquer me bouleverse et il est difficile de garder un recul suffisant quand on se sent impliqué ainsi.

Petit, je croyais que c’était un ange. Un de ces êtres rares qui ne semblent habiter mon monde qu’avec la seule fonction de m’aimer et me faire plaisir. Quand nous allions la voir chez elle, je ne voulais plus repartir. J’allais me cacher sous une table en espèrant que mes parents m’oublient et que je reste à ses côtés.

Collégien, je recherchais sa compagnie et allait toujours m’assoir près d’elle à table. J’étais prêt à tout pour qu’elle soit fière de moi et je lisais dans son regard une infinie tendresse qui me rechauffait le coeur.

Devenu lycéen, j’étais en pensionnat sur Lille. Ma seule vraie distraction de la semaine était la possibilité de sortir le mercredi après midi. J’allais chez elle. A 12h45 très précise il me fallait passer le seuil de sa porte car 5 minutes de retard lui créaient des montées d’angoisse. Invariablement m’attendaient posés sur la table de la salle à manger une demi-baguette fourrée de pâté de campagne et une bouteille de jus d’orange. Elle appelait ça “le casse-croûte pour se mettre en appétit”.

Invariablement quand j’avais fini, on passait à table avec des hors d’oeuvre puis poulet fermier cuit au four et frittes maison qu’elle faisait amoureusement frire (”toujours deux cuissons…toujours poussin….sinon elles sont pas croustillantes”) dans un de ses vieux chaudrons en fonte dont elle avait le secret. Puis invariablement sa tarte aux pommes maison avec un nappage transmis de génération en génération (jaune d’oeuf et cassonnade pour la base, pour le reste je donnerais dix ans de ma vie pour enfin le savoir….).

Et moi dès l’entrée, lesté de mon sandwich au paté, je calais. Mais si j’avais le malheur de ne pas me resservir de chaque plat j’avais le droit à sa voix douce qui me disait : “Ben tu ne manges pas poussin ???? Tu es malade ????”….

Alors je m’éxécutai car on ne pouvait tout simplement pas résister à cette femme là. Et elle m’encourageait: “Vas y poussin, c’est bon pour ta croissance. Un grand garçon comme toi, ça doit prendre des forces….”

Heureusement que l’estomac d’un adolescent a des facultés d’ingestion et de récupération insoupçonnées…… Il faut dire qu’elle avait dû passer toute sa matinée à préparer “son” festin. Ne pas y faire honneur aurait été la priver de son bonheur. Et on n’avait tout simplement pas le droit de rendre malheureuse cette femme là….

A quatre heures, deux pains au chocolat et un autre litre de jus d’orange. Il n’y avait pas une seule minute que j’ai passé chez elle où elle avait autre chose en tête que de me faire plaisir.

Et pourtant….. Et pourtant le temps avait commencé à faire ses effets. L’arthrose avait déformé son dos et ses jambes au point qu’elle ne marchait qu’en titubant…..sans jamais toutefois se servir d’une canne….par coquetterie sans doute.

La station debout était pour elle une souffrance infinie mais chaque mercredi tout était prêt, comme d’habitude, pour m’acceuillir. Et quand j’évoquais ses soucis de santé, elle commençait par émettre un petit gloussement de gorge avant de dire “que veux-tu poussin, c’est la vie!”

Parfois nous branchions la radio et si la chanson lui plaisait (elle raffolait des crooners style sinatra ou dean martin), je l’invitai à danser. Il fallait faire attention à ne pas aller trop vite, chaque pas était un miracle, mais je lisais dans ses yeux un reflet que l’on devait voir pétiller quand elle avait 20 ans. Un peu comme si j’étais là à son premier bal, moi en frac et elle avec sa robe de crinolline, souriants avec la tendre complicité qu’ont les danseurs , seuls sur terre avec le parquet qui défile en tournoyant.

Elle prennait toujours ma défense, avec un aplomb et une mauvaise foi que seul l’amour pouvait insuffler. “Poussin” aurait pu voler, violer ou tuer qu’elle m’aurait trouvé admirable et pur. Mais jamais je ne l’aurai fait, parce que l’on n’a tout simplement pas le droit de décevoir cette femme là….

Elle est morte ce samedi. 

Et c’était ma grand-mère.

Lorsque le prêtre est venu lui donner l’extrême-onction, il lui a dit : “Courage, vous allez retrouver votre mari” (décédé 3 ans plus tôt). Elle a alors souri et son sourire ne l’a jamais plus quittée, jusque dans le cerceuil.

Même si mes yeux d’adultes ne tolèrent pas la présence de mes larmes d’enfants, je ne cesse depuis de penser à elle.

Parce que, voyez vous, je ne pourrai jamais cesser d’aimer cette femme là……….

Poème pour mes amis

L’amitié est une valeur rare, tous en parlent beaucoup mais peu la créent,

L’amitié est un refuge, elle ne te protége pas du mauvais sort mais te soigne,

L’amitié est un soleil, elle brille dans ton coeur mais peut te brûler,

L’amitié est une richesse, on ne l’a pas sans mériter la confiance que l’on gagne,

L’amitié est un cours d’eau, elle commence ruisseau et enfle, enfle jusqu’à devenir fleuve,

L’amitié est une herbe folle, elle surgit de nulle part et pousse même dans l’ombre,

L’amitié est un gai pinson, elle te fais rire qu’il neige, vente ou qu’il pleuve,

L’amitié est un océan, elle ne finit jamais même s’il existe des vagues au reflet sombre,

L’amitié est un oiseau, elle a besoin d’air pur et de liberté pour s’exprimer,

L’amitié est un nuage, elle change sans cesse de forme mais parfois suis le vent,

L’amitié est mon monde, changeant, remuant, tendre, moqueur, entier,

Mais il a besoin de vous mes amis pour être celui que je suis à présent. 

Les Fous du Volant

Amis du jour, re-bonjour !

Ouais je sais je suis prolixe aujourd’hui. J’avais des fourmis dans les doigts après une longue période de silence.

J’avais envie aussi de déblatérer un petit peu sur la bêtise humaine (un de mes sujets de prédilection) en évoquant un des moments où elle s’exprime le mieux : la conduite de ces cerceuils sur roues que nous appelons avec affection “voitures”.

Ralalààà je sens que je vais me régaler aujourd’hui…..Un sourire sadique enjolive mon faciès au moment où je vous écrit, tellement j’en ai à raconter sur le sujet.

Tout d’abord distinguons (comme d’habitude !) le point de vue masculin du point de vue féminin…

Déjà le fossé entre les deux communautés se creuse au point de ressembler à la Fosse des Mariannes dès le choix du véhicule: l’homme regarde en premier les caractéristiques techniques (moteur, cylindrée, consommation et surtout faculté d’accélération et vitesse de pointe si vous voyez ce que je veux dire…). C’est d’autant plus essentiel qu’il doit connaître sur le bout des doigts ce genre de choses pour meubler utilement les conversations à venir avec son voisin, son beau-frère, ses amis, le chien de sa voisine etc etc…. quand il présentera son nouveau joujou avec fierté et ostentation. Nous le savons bien, tout homme est l’heureux propriétaire d’une formule 1 dernier cri et, même si tout comme moi il ne sait pas où se situe les bougies, il est capable de vous parler de sa “tête de delco” pendant 3 heures sans pause pipi !

Une femme a une vision totalement opposée à la question. Tout d’abord elle ne sait pas ce que veut dire la tête de delco et s’en fout éperdumment ! Ce qui compte pour elle, c’est que la voiture soit “mignonne”. Son esthètique doit coller à la personalité de sa future propriétaire (voire sa couleur coordonnée avec celle du sac à main…). Peu importe qu’elle roule au jus de betterave, qu’elle ait une vitesse d’escargot asthmatique ou encore que les “reprises” soient courtes ou longues ! (je parle de la voiture, pas de la femme, bande de goujats !!!!!!!)

Ensuite viennent les autres critères essentiels: la taille du coffre pour ranger la poussette, les cartables, les courses et tout ce qui meuble utilement la vie de nos moitiés, les espaces de rangement pour mettre le biberon du bébé ou le dentier de mamie, et surtout la taille du rétroviseur pour arranger la frange rebelle qui rebique tout le temps cette conne (la mèche…pas la conductrice ! rhooooo mais ça va suffire oui !) en attendant que le feu passe au vert (quand on attend au feu la conductrice remet du rouge à lèvres ou se recoiffe, le conducteur lui se cure le nez…).

 Différence ensuite dans le comportement au volant:

- Chez l’homme tout est question de “moyenne”….D’où les expressions consacrées suivantes : “arrêtes chérie tu vas me casser ma moyenne !”, “on a fait X km/h de moyenne”, “je ralentis, l’adhérence est moyenne”, “- Alors c’était comment ces vacances à Vesoul chez ta belle-mère ? - Moyen !”

Deux types d’homme émergent du lot: les gens pressés et les fatalistes.

- Les “pressés” sont prêts à faire toutes les folies pour gagner le fameux dixième de seconde qui leur permettra de dire avec fierté “j’ai parcouru le trajet boulangerie-poste en 2 minutes et 27 secondes”. Pour certains il faut doubler, zigzaguer à droite - à gauche et sans le clignotant (sinon ce serait pas drôle), voire rouler sur la bande d’arrêt d’urgence, pour sacrifier au rite du Dieu “Temps qui passe” même s’ils ont un quart d’heure d’avance sur le planning et que rien ne presse.

On assiste alors aux comportements les plus odieux (coups de klaxon quand le feu passe au vert, course poursuite si sa “formule 1″ est doublée par un plus rapide que lui, mesquineries en tout genre pour que nom de Dieu on puisse passer devant l’autre taré quand on est coincé dans un bouchon, bras d’honneur et insultes quand on traîne devant etc etc) si ces personnes estiment que l’on est en train de leur “casser” leur belle “moyenne” qui leur permettra d’aller plus vite au purgatoire quand le fatal accident de la route qui les guette arrivera. Je connaît ainsi des gens parfaitement censés, polis et calmes qui se transforment en fauves de l’asphalte dès qu’ils ont un volant dans les mains. La bave fleurit à la commissure de leurs lèvres, les yeux s’injectent de sang et ils se mettent à jurer et crier dès que quelqu’un leur fait l’insulte suprême de les ralentir.

- Les fatalistes sont une race plus calme et au demeurant (seulement au demeurant, on verra pourquoi plus loin !)hautement sympathique. Ils ont le temps même s’ ils ne l’ont pas et se disent que le plus sûr moyen d’arriver d’un point à un autre est d’arriver vivant ! Forts de leur bon droit, ils respectent les limitations de vitesse, voire freinent comme des fous et se mettent 30km/h en dessous de la limite légale quand arrive le radar automatique et affichent une bonhomie énervante quand on est derrière eux, en retard à votre rendez-vous et que le stress monte dans votre habitacle…..C’est généralement dans ce cas là que le fataliste s’arrête pour laisser passer un tracteur (et les agriculteurs sont au volant de leur engin de grands fatalistes…) … Ou une voiturette sans permis (le plus féroce prédateur de la route après le radar mobile ! Combien d’accidents ont lieu chaque année quand des personnes ont voulu dépasser ces machins que de loin on prend pour une voiture alors qu’ils avancent à la vitesse d’un Trésorier du Fisc qui doit rendre des sous ? Hum ?????).

On rencontre très souvent le fataliste sur la voie de gauche d’un autoroute, roulant juste à la vitesse autorisée et refusant obstinément de se rabattre, convaincus qu’il est d’être dans son bon droit sur la base de l’axiome suivant :”Nan je me rabattrai pas ! Elle est limitée à 130 et moi je suis à 130….”.

Chez les femmes on distinguera trois clans: la “femme de base”, la “masculine” et, pour la bonne bouche, la “distraite”

- La “femme de base” a peur de la voiture. Elle craint pour sa progéniture qui est sur la banquette arrière et surtout, par instinct de conservation, elle ne connaît que trop bien les hommes pour ne pas se méfier de leurs prouesses motorisées. D’où une certaine réticence à y aller franchement. Et dans sa conduite ça se sent ! Le temps de réaction pour s’engager dans un dépassement est plus long (”J’y vais ou l’autre fou qui est derrière aussi va s’engager de façon brutale ?”), le temps d’arrêt au stop aussi, et au feu on s’engage avec le tempo moderato ma non troppo ( parce que la mèche rebelle a été très récalcitrante ou parce qu’on veut vraiment vérifier que le feu est bien vert …..). Bien entendu les excès de vitesse sont rarissimes et même parfois on peut voir des “sous-vitesses” qui pourrait faire croire qu’elles conduisent avec une voiturette sans permis….

- La masculine quand à elle est un vrai homme au volant. Il n’y a rien à dire sur elle: tout a été développé sous la rubrique “homme” du présent texte ! Un seul bémol pourtant: il peut exister une variante extrêmement dangereuse, la masculine coquette……. Remettre sa mèche de cheveux à 180 km/h de “moyenne” peut présenter des inconvénients non négligeables….

- La distraite est une espèce à part. Elle est très facile à repérer: c’est la seule qui freine au feu vert ! On peut aussi la reconnaître à sa fâcheuse habitude de mettre le clignotant à droite quand elle va à gauche (ou inversement), voire à mettre la marche arrière sur la voie rapide car elle a loupé sa sortie… Il peut arriver que la distraite tombe en panne d’essence ou encore fasse trois fois le tour d’un rond-point car elle hésite sur sa direction. De même on peut aussi la rencontrer blocquant une station service car elle a mis de l’essence dans le réservoir de la splendide turbo-diesel de son mari…(traduit en langage d’homme ça donnerait : 250cv, 220km/h de vitesse de pointe, 0 à 100 en 8,4S, boîtier semi-automatique, ABS, ESP, ASR, grille-pain et pommeau de douche intégrés !). Sous ses aspects les plus sympathiques, la distraite est éminemment dangereuse. Leurs époux prévoyants leur offrent souvent des véhicules à l’épreuve des balles, genre 4X4 blindé ou char d’assaut, afin de limiter la casse qu’induit forcément leur caractère aventureux.

En conclusion, ami lecteur, tu dois te demander dans quelle catégorie tu ranges l’auteur de ce pamphlet, partant du principe qu’il est facile de se moquer mais plus difficile d’être irréprochable. A cela ma réponse est nuancée: comme bon nombre d’entre nous je suis un peu de tout, en fonction de mon humeur du moment, du temps qu’il fait dehors, du type de musique que j’écoute en conduisant, si mes enfants “parqués” à l’arrière de ma voiture me rejouent la troisième guerre mondiale version chérubins ou encore si mon “ex” en me les laissant pour le week-end m’a une fois de plus livré des réflexions bien senties sur le bonheur de ne plus vivre avec moi… Et comme je suis poète, j’ai aussi un aspect féminin dans ma personnalité qui me permet parfois de faire trois fois le tour du rond-point avant de mettre du diesel dans mon réservoir à essence….

Poesie 2 “Ze Return !!!”

Amis du Jour, Bonjour !

 A l’heure où je vous écrit ces quelques lignes un chiffre me sidère. Il y a eu 1081 personnes qui m’ont lu…. Un truc de dingue…. Quand j’avais initié ce blog, jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurai pensé avoir autant de lecteurs. Pourtant ce journal pas tout à fait intime (faut quand même pas déconner !) n’était pas destiné à devenir un de vos lieux de passage. Pour moi c’était un défouloir, un espace de liberté me permettant de graver sur mon écran mes joies, mes peurs et coups de gueule. Et puis et puis, vinrent les commentaires. Merci à tout ceux qui se sont exprimés, chacun à leur façon, pour me témoigner leur sympathie. J’aurais à ce sujet une pensée émue pour trois personnes devenues en quelque sorte mes afficionados: ma pote suissesse Syane qui a carrément souscrit un abonnement (enfin gratuit quand même l’abonnement, faut pas pousser mémé dans les orties…), mon pote québecquois Metal qui me harcèle sur le chat pour savoir quand je vais écrire mon prochain article (il me fait penser à mon ancien redac’chef ! Toujours pressé que je sorte l’ouvrage dans les temps..lol) et enfin mon pote ( ou potesse ???) américain anonyme qui a dû se connecter un bon 1.000 fois et qui doit ramer comme un fou pour traduire mes mots de franchouillard pur jus en anglais (il doit être devenu complétement bilingue depuis !!!).

J’aurai aussi une pensée amusée pour les 10 gugus qui ont débarqué sur ma page en faisant une recherche google sur le terme “cul de vieille”, nul doute qu’en me lisant ils ont pas été déçus du résultat !!! Bon désolé les gars (parce que pour rechercher ça, faut être nécessairement un homme non ?) mais ici y a pas de photos et il n’y a pas non plus matière à s’exciter autre chose que les neurones…..

En l’honneur de ces 10 grands poètes incompris et inconnus je leur dédie ce nouvel article de mon blog: un nouveau florilège de mes poèsies préférées. Nul doute qu’ils se jetteront dessus avec l’empressement que dicte le bouillonement de leurs hormones insatisfaites……..

EL DESDICHADO  

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé,

Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.  

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.  

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;

J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…  

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.  

Gérard de Nerval

Ca y est j’ai la chair de poule…. Ce poème déclenche en moi des vagues d’émotion que je n’arrive toujours pas à contrôler. Cette mélancolie absolue, cette peine qui ronge le poète me touche. Et surtout j’adore le rythme syllabique de ce poème. Ami lecteur, si tu veux comprendre pourquoi, récites donc à voix haute ce texte. Tu verras qu’en le prononçant chaque strophe comprend tour à tour un rythme lent puis rapide. Le premier vers contient une césure (une pause si vous préfèrez) en son milieu que l’on retrouve dans le troisième vers. Par contre les vers 2 et 4 se prononcent d’une traite. Et cette alternance me ravit car il rend le texte encore plus profond, la musique des sons est splendide.

Les Yeux d’Elsa  

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire 

 J’ai vu tous les soleils y venir se mirer 

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L’été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur

Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Aragon

Ralalah que ces yeux ont fait couler d’encre (clin d’oeil à Francis Cabrel)…. J’adore le passage suivant :”Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie- Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure”. Mais si on lit attentivement le poème, on s’aperçoit que ce filoux d’Aragon vient dire qu’il aime les yeux de sa belle quand ils ont pleuré…. Ce salopiod se féliciterait-il par sadisme de la rendre malheureuse ? Ou alors justifie-t-il par la poèsie la tristesse de sa belle ? Ou tente-t-il de la consoler ? No le say…

Le gymnaste  Comme son G l’indique le gymnaste porte le bouc et la moustache que rejoint presque une grosse mèche en accroche cœur sur un front bas.

Moulé dans un maillot qui fait deux plis sur l’aine il porte aussi, comme son Y, la queue à gauche.

Tous les cœurs il dévaste mais se doit d’être chaste et son juron est BASTE !

Plus rose que nature est moins adroit qu’un singe il bondit aux agrès saisi d’un zèle pur.

Puis du chef de son corps pris dans la corde à nœuds il interroge l’air comme un ver de sa motte.

Pour finir il choit parfois des cintres comme une chenille, mais rebondit sur pieds, et c’est alors le parangon adulé de la bêtise humaine qui vous salue.

Francis Ponge, Le Parti-pris des choses

Souvenir, souvenir quand tu nous tient ! J’ai “rencontré” Francis Ponge pour la première fois au Lycée, c’était un texte que j’avais à préparer pour passer mon Bac. Depuis on ne s’est plus quitté. J’aime sa fantaisie et son monde bien à lui, pas prétentieux, ni ronflant, plein de facétie et d’humour. Je vous conseille le livre “le parti-pris des choses” où il transforme les éléments les plus bassement terre à terre, comme un cageot, une orange ou du pain, en oeuvre poétique. C’est du grand art. Par ailleurs je trouve cela superbe de dire que les plus modestes choses de notre quotidien sont belles si on veut bien les regarder d’un autre oeil. Un de mes textes préférés s’appelle “la cigarette” et franchement cela vaut le coup d’oeil. Le texte d’aujourd’hui m’amuse beaucoup. Il traite non d’un objet qu’il humanise mais d’un individu, assez ridicule il faut bien l’admettre, qu’il transforme en une simple marionnette comme les automates du siècle dernier.Par ailleurs son écriture est simpliste et joue sur les sons autant que sur les images. Bref une bonne blague faite en poèsie. Mais Francis Ponge est coutumier du fait….