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Le blog de gatsby1969

“Le sérieux est le bonheur des imbéciles” Montesquieu

Archive du 31 janvier 2008


Soyons galants !

Amis du jour, Bonjour !

Ce jour je pousse un cri d’alarme :

ARGGGGGGGGGGG ! (joli cri non ?)

Une espece est en voie de disparition ! Les quelques rares survivants n’ont toujours pas ete parquesdans une reserve, un programme de reproduction de la race par banque de sperme et insemination artificielle faite de facon industrielle n’a toujours pas ete mis en place, et le tout sous la plus totale indifference des pouvoirs publics et des organismes de protection de la nature !

Oui ami lecteur, tu le lis bien, l’Homme Galant est en train de disparaitre dans la plus totale indifference……!

Alors qu’au Moyen-Age les regles de l’Amour Courtois faisaient flores et que tout bon chevalier mis en conserve (sans pasteurisation helas !) dans son armure etait pret a  guerroyer les armes a  la main pour defendre la Dame de son coeur, le rythme trepidant des temps modernes poursuit sa lente entreprise de destruction sournoise en transformant le male en rustre lourdaud et mal leche.

Combien de fois avons nous vu ces derniers temps d’homme enlevant son pardessus pour l’offrir galamment a  la Dame, frissonnante sous la morsure du froid, qui l’accompagne ?

Voyons nous souvent un individu tirant la chaise d’une table de salle a manger pour l’offrir a  sa voisine en s’assurant que celle ci soit correctement installee?

Et je n’ose meme pas parler des cuistres qui ignorent qu’on ne monte JAMAIS un escalier derriere une femme !

Toutes ces petites choses, ces petits riens ne sont pas graves en soit, certes mais comment differencier l’espece humaine du monde animal ( ormi le fait qu’on ait la bombe atomique, les embouteillages, les heures supplementaires, la pollution et autres fleurons qui demontrent chaque jour la superiorite ecrasante de l’Homme sur la PARCOBLATTA PENNSYVANICA DEG, appelee aussi communement “blatte de Pensylvanie”) si nous ne sommes pas foutus d’avoir un comportement decent avec celle qui est notre divin complement, notre moitie ?

Et puis de toi a  moi, ami lecteur, les avantages d’etre galant s’averent innombrables….

- Invite chez les parents de l’elue de ton coeur, tu t’attireras les faveurs de sa mere en n’oubliant jamais de la servir avant toi en langue de porc en gelee, petit plat qu’elle avait mitonne avec amour en ton honneur (surtout ne pas oublier de s’extasier sur ses qualites culinaires et de se resservir ostensiblement !!!!!!);

- Lors d’un premier rendez-vous galant, ne pas oublier de lui tirer sa chaise et lui offrir si vous devez vous assoir, vous prendrez aussitot une toute autre stature a  ses yeux.

Si le rendez-vous a lieu sur un banc public, pas besoin de le faire……

- Enfin si vous avez un controle fiscal et que l’inspectrice des impots vous donne rendez vous dans son bureau situe a l’étage, passez devant dans les escaliers ! Vous pourrez plus facilement la pousser en bas……

Non, en verite je vous le dis, un retour aux sources s’impose ! Ne nous laissons pas influencer par la sournoise tentation de considerer que, puisque la femme est l’egale de l’homme, la galanterie doit etre remisee aux oubliettes !

Parce que si nous oublions de leur porter toute l’attention recquise et de leur temoigner tout le respect qui leur est du, elles risquent un jour de reclamer le droit de vote…………

Un peu de poèsie dans un monde de brutes…

Il y a des jours ou on peut avoir le coeur lourd, des jours ou notre propre vie nous echappe, des jours ou l on se demande ce que l’on fout la  et a  quoi on sert.
Ces jours la  quand j’ai du mal dedans mon etre, j’ecris ou je lis des poemes.
Alors pour vous mes amis je me suis permis de vous offrir un florilege de quelques unes de mes lectures preferee, juste pour se faire du bien, car ce qui manque aujourd’hui a  notre vie c’est un peu de reve pas frelate par ces specialistes du marketing que sont devenus les gens de tele et plus generalement de spectacle…. Baudelaire ou l’ile de la Tentation ? J’ai choisi mon camp !

Mon reve familier

Je fais souvent ce reve etrange et penetrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout a  fait la meme,

Ni tout a  fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

Pour elle seule, helas! cesse d’etre un probleme,

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front bleme,

Elle seule les sait rafraichir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ?- Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore

Comme ceux des aimees que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix cheres qui se sont tues.

Verlaine

Oui je sais, on l’a tous entendu au moins trois fois…..Il est sans cesse lu dans les salles de classe….Je sais…..
Mais nom de Dieu ! quelle beautee !
Ce poeme a ete mon premier choc en litterature quand je l’ai entendu recite par mon prof de college. J’avais 12 ans et chaque mot, chaque syllabe m’a marque au fer rouge.
Ce poeme j’aurai tant aime l’ecrire tellement il me ressemble.
Cette incapacite a aimer, a  trouver celle que je cherche en vain depuis si longtemps, parce que je l’ai idealisee, parce qu’elle est comme celle du poeme, desincarnee et anonyme, proche et distante, chaleureuse et froide, fugace et eternelle, tout cela est decrit par Verlaine.

Le Balcon

Mere des souvenirs, maitresse des maitresses, O toi, tous mes plaisirs ! O toi, tous mes devoirs !

Tu te rappelleras la beaute des caresses,

La douceur du foyer et le charme des soirs,

Mere des souvenirs, maitresse des maitresses !

Les soirs illumines par l’ardeur du charbon,

Et les soirs au balcon, voiles de vapeurs roses.

Que ton sein m’etait doux ! Que ton coeur m’etait bon !

Nous avons dit souvent d’imperissables choses

Les soirs illumines par l’ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirees !

Que l’espace est profond ! Que le coeur est puissant !

En me penchant vers toi, reine des adorees,

Je croyais respirer le parfum de ton sang.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirees !

La nuit s’epaississait ainsi qu’une cloison,

Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,

Et je buvais ton souffle, o douceur ! o poison !

Et tes pieds s’endormaient dans mes mains fraternelles.

La nuit s’epaississait ainsi qu’une cloison.

Je sais l’art d’evoquer les minutes heureuses,

Et revis mon passe blotti dans tes genoux.

Car a  quoi bon chercher tes beautes langoureuses

Ailleurs qu’en ton cher corps et qu’en ton coeur si doux ?

Je sais l’art d’evoquer les minutes heureuses !

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,

Renaitront-ils d’un gouffre interdit a  nos sondes,

Comme montent au ciel les soleils rajeunis

Apres s’etre laves au fond des mers profondes ?

- O serments ! o parfums ! o baisers infinis !

Baudelaire

Là on touche au genie……je suis sans voix rien qu’a  retranscrire ces lignes. La derniere strophe est pour moi la plus belle. Pas d’autres commentaires, laissons agir la magie des mots.

Rondeau

Mort, j’appelle de ta rigueur,

Qui m’as ma maitresse ravie,

Et n’es pas encore assouvie

Si tu ne me tiens en langueur:

Onc puis n’eus force ni vigueur;

Mais que te nuisait-elle en vive,

Mort ? Deux etions et n’avions qu’un coeur;

S’il est mort, force est que devie(*),

Voire, ou que je vive sans vie

Comme les images, par coeur,

Mort !

(*) devie = je meure en vieux français

VILLON

J’ai beaucoup d’affection pour VILLON: mauvais garcon, voleur, chapardeur, ivrogne, truand de la pire espece mais poete baignant sa plume dans le remords et sans cesse demandant a  Dieu pardon. On dit de lui qu’il fut le premier “poete maudit”. Quel pleonasme !
Tout poete a en lui une felure, une sensibilite exacerbee qui fait de sa vie un enfer. La seule difference est que certains vivent cette sensibilite mieux que d’autres mais tous la ressentent.
Ce rondeau de VILLON me touche: il perd son aimee et supplie la mort de l’emporter aussi ou alors d’etre comme une “image”: fige, sans vie, inerte jusqu’a  la fin de ses jours. Mais ce que ce grand queutard de VILLON ne dis pas dans ses vers, c’est qu’il pleure certes son aimee mais le soir meme va boire plus que de raison avec ses larrons et trousser quelques servantes….. J’aime cette dualite si humaine entre la peine de l’ame et les exigences du corps. “Il faut bien que le corps exulte” chantait Jacques BREL….Ben oui Jacques, faut bien !

Extrait du poeme “Le matin” (qui fait deux pages, je vous montre juste le passage qui me parle le plus)

Une confuse violence

Trouble le calme de la nuit,

Et la lumiere, avec le bruit,

Dissipe l’ombre et le silence.

Alidor cherche a  son reveil

L’ombre d’Iris qu’il a baisee

Et pleure en son ame abusee,

La fuite d’un si doux sommeil. Theophile de Viau

Quelle modernité ! Ce passage n’a pas pris une ride. Qui ne s’est pas endormi dans les bras de l’etre aime et reveille seul, regrettant que cette nuit ne dure pas eternellement ? Qui n’a pas ressenti l’arrivee du matin comme une agression, une “confuse violence” ?
La nuit est sacree. Nos nuits n’appartiennent qu’à nous.