Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,
Lente mélopée qui monte en mon coeur,
Le bruit sourd des boogies qui foncent sur les rails,
Le rythme du tambour ferroviaire chavire ma douleur,
C’est la plainte saccadée du voyageur qui se perd et défaille,
Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,
Où va-t-il ? Et pourquoi ? Qui le sait ?
Peut-être que lui-même l’ignore,
Juste s’en aller pour ne plus avoir à assumer son passé,
Juste quitter la brume de ses doutes et de ses regrets d’alors,
Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,
La griserie du départ saoule son âme comme un vieux rhum,
Et le paysage qui défile devant ses yeux rêveurs,
Ressemble à ce plafond qui tournoie au dessus de mon delirium,
Les soirs de conversation entre ma solitude et ma bouteille de liqueur,
Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,
Partir sans savoir où, pour quitter ce que l’on connaît,
Changer de vie, changer de peau, changer de peurs,
Et reconstruire un avenir qui ressemblera à son passé,
Car les lieux ne sont plus les mêmes mais pas les erreurs,
Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,
Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains,
Des tas de trains, des tas de trains, des tas de trains……